Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

orthographe (suite)

Comme pour la dyslexie, la guérison de la dysorthographie est à attendre d’une rééducation portant sur : 1o la restructuration du rythme, de la psychomotricité ; 2o la fixation de la latéralisation chez les ambidextres, les gauchers contrariés, les sujets mal latéralisés (sans dominance nette des segments — oreille, œil, main) ou à latéralisation floue ; 3o le dépassement des problèmes relationnels et affectifs, le retour de la confiance en soi et du désir de communiquer (aspect psychothérapique de la rééducation) ; 4o un apprentissage de l’orthographe par des méthodes non scolaires spéciales.

La rééducation de la dysorthographie est confiée à des rééducateurs de l’audition-phonation-lecture-écriture-langage titulaires d’un diplôme d’État de spécialisation (le même que pour la rééducation du langage et de la dyslexie).

R. M.

➙ Lecture.

 C. Beaulieu, Histoire de l’orthographe française (Champion, 1927 ; 2 vol.). / A. Sève et J. Perrot, Ortho, dictionnaire orthographique et grammatical (Éd. scolaires, Chambéry, 1946 ; nouv. éd. Boyer, Nice 1972). / M. Grevisse, Code de l’orthographe française (Éd. scientifiques et littéraires, 1950). / J. Lafitte-Houssat, la Réforme de l’orthographe (Temps futur, 1950). / A. Le Gall, les Insuccès scolaires (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1954 ; 6e éd., 1972). / P. Burney, l’Orthographe (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1955 ; 5e éd., 1970). / V. G. Gak, l’Orthographe française (en russe, Moscou, 1956). / J. de Ajuriaguerra et coll., l’Écriture de l’enfant (Delachaux et Niestlé, 1964 ; 2 vol.). / A. Porquet, l’Orthographe française (Gauthiers-Villars, 1966). / R. Thimonnier, le Système graphique du français (Plon, 1967) ; le Code orthographique et grammatical du français (Hatier, 1971). / N. Catach, l’Orthographe française à l’époque de la Renaissance (Droz, Genève et Minard, 1968). / C. Blanche-Benveniste et A. Chervet, l’Orthographe (Maspero, 1969). / N. Catach, J. Golfand et R. Denux, Orthographe et lexicographie (Didier, 1972). / N. Catach (sous la dir. de), l’Orthographe, numéro spécial de Langue française (Larousse, 1973).

orthopédie

Pathologie et thérapeutique des affections du système ostéomusculaire et plus particulièrement de l’appareil locomoteur.


L’orthopédie comprend aussi bien les traitements non sanglants avec leur cortège de plâtres, bandages, attelles, manipulations, rééducation... que les interventions chirurgicales nécessairement sanglantes (ostéotomie [section d’os], réduction, fixation, etc.) et ce pour tous les âges de la vie.

Il existe un large terrain commun entre l’orthopédie et la rhumatologie, spécialité purement médicale qui s’occupe de la pathologie articulaire, mais aussi de certaines affections osseuses.

On distingue parfois l’orthopédie de l’enfant de celle de l’adulte : si chacune de ces disciplines a ses méthodes et ses indications propres, il n’en demeure pas moins que beaucoup de techniques sont semblables.


Les techniques disponibles en orthopédie

Elles se divisent en deux grandes catégories qui, loin d’être contraires, sont souvent complémentaires dans le temps et dans le lieu.


Les interventions sanglantes

• L’immobilisation des fragments osseux. L’os, pour pouvoir consolider, et ce dans des délais variables de un à trois mois habituellement, doit avoir ses fragments au contact intime les uns des autres et immobiles. Cette immobilité des éléments osseux est une condition capitale si l’on ne veut pas aboutir à une pseudarthrose (fausse articulation par défaut de consolidation osseuse) ou à un cal vicieux.

La remise en bonne position des fragments osseux se fait par manipulation de ceux-ci en cours d’intervention en s’aidant de daviers. Le maintien de la bonne position ainsi obtenue et l’immobilisation des fragments sont réalisés en utilisant un matériel métallique : c’est l’ostéosynthèse.

On se sert usuellement de vis, de plaques, de plaques à compression ou coapteurs (qui maintiennent une forte pression entre les fragments osseux, celle-ci favorisant l’ostéogenèse).

La variété du matériel est immense : on se sert aussi de clous, clous à compression, clous-plaques, vis-plaques, broches... Tout ce matériel, placé à demeure au contact de l’os recouvert des muscles et de la peau, est utilisé pour les ostéosynthèses internes. Il est laissé en place au moins jusqu’à la consolidation osseuse (d’une durée de trois à quatre mois), habituellement plus (un an) par mesure de sécurité, parfois définitivement chez les personnes âgées ou si l’ablation risque d’être difficile ou dangereuse.

Le fixateur externe est fait de broches transcutanées, vissées au travers de l’os et maintenues solidaires entre elles par un mécanisme externe. Cette ostéosynthèse externe a l’avantage de laisser un minimum de matériel au contact du foyer osseux, rendant ainsi les infections moins probables. Le matériel est en outre aisément retiré le moment venu (de deux à trois mois).

• La greffe osseuse, la décortication. L’os consolide lentement, difficilement, et les échecs ne sont pas exceptionnels. Quand ils sont prévisibles (perte de substance osseuse importante, zones mal vascularisées, fractures (à esquilles ou multiples), ou quand ils sont déjà constitués, il est fréquemment nécessaire de faire un apport d’os complémentaire sous forme de greffe.

Cet os peut être prélevé sur le malade lui-même, habituellement sur le tibia ou l’os iliaque, c’est alors une autogreffe. Il n’y a aucun problème de rejet.

Dans certains cas, pour éviter une cicatrice supplémentaire ou quand la quantité nécessaire est importante, on se sert de greffons humains conservés (homogreffe) ou animaux (veau habituellement) [hétérogreffe]. Cela est possible sans rejet, car dans un premier temps le greffon est totalement déshabité et seule persiste la trame osseuse inerte ; celle-ci est ensuite réhabitée par les cellules du receveur.

La décortication, procédé utilisé essentiellement dans les pseudarthroses, consiste à détacher au niveau du foyer de fines lamelles osseuses, conservant leur apport sanguin et qui se comporteront comme autant de greffons.