Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

orthodoxes (suite)

Patriarcat de Serbie

Créé une première fois en 1220, mais officiellement supprimé en 1767, il fut reconstitué en 1920 par l’union avec le patriarcat de Karlovci, établi en 1848, de l’Église autocéphale du royaume de Serbie (1879), de la vieille métropole autonome de Monténégro, de la métropole de Tchernovtsy (Bucovine, 1867) et de l’Église autonome de Bosnie-Herzégovine (1878). Cette reconstitution fut reconnue par Constantinople le 9 mars 1922. Ses trente et un diocèses rassemblent près de 8 millions de fidèles, dont quelque 300 moines.


Patriarcat de Roumanie

Créé au printemps 1924 par l’union des trois métropoles autonomes de Bucarest, de Sibiu et de Cernăuţi (Tchernovtsy), il fut érigé en février 1925 et reconnu par Constantinople à l’automne de la même année. Depuis 1948, l’Église gréco-catholique uniate de Roumanie, issue de l’union d’Alba-Iulia (1698), a été officiellement intégrée par le patriarcat orthodoxe, qui, avec quelque 14 millions de fidèles et près de 10 000 moines, est la plus nombreuse des Églises orthodoxes après celle de Russie.


Patriarcat de Bulgarie

Il trouve son origine immédiate dans la reconstitution, par firman du Sultan, d’une Église nationale bulgare (exarchat 1870), héritière de l’archevêché d’Ohrid, supprimé par Constantinople en 1767. Cette autonomie fut longtemps refusée par le patriarcat de Constantinople, qui prononça même l’excommunication à l’encontre des Bulgares. Elle ne fut finalement reconnue qu’en 1945. Mais, en 1953, à l’instigation de Moscou, l’Église bulgare se constitua unilatéralement en patriarcat, situation reconnue par Constantinople en 1961. Les onze diocèses groupent environ 6 millions de fidèles, dont environ 200 moines.


Archevêché de Chypre

Son autocéphalie fut reconnue par le concile d’Éphèse (431) et confirmée en 488 au titre de « Siège apostolique de saint Barnabé ». Durant la période ottomane (1571-1878), l’archevêque était en outre « ethnarque » des Grecs de l’île. L’archevêché de Chypre est une Église synodale avec un archevêque et trois métropolites, tous élus par l’ensemble des fidèles (environ 450 000) selon un système à plusieurs degrés.


Catholicosat de Géorgie

Constitué en Église indépendante dès le vie s., il connut diverses vicissitudes et fut finalement englobé en 1817 dans le cadre de l’Église synodale de Russie. Reconstitué lors du rétablissement du patriarcat à Moscou, il fut reconnu par ce dernier en 1943. Son autorité s’exerce en principe sur l’ensemble des chrétiens de la République soviétique de Géorgie.


Archevêché du Sinaï

Cette minuscule Église autocéphale, qui a pour centre le monastère Sainte-Catherine, dont l’archevêque — résidant habituellement au Caire — est le supérieur, est attestée dès le ve s. Mais son indépendance à l’égard du patriarcat de Jérusalem (qui reste consécrateur de l’archevêque) ne fut reconnue par Constantinople qu’en 1575. Cette Église compte tout au plus quelques centaines de fidèles, pour la plupart travaillant dans les entreprises industrielles de la presqu’île du Sinaï.


Archevêché de Tirana et de toute l’Albanie

Cette Église orthodoxe, minoritaire dans un pays devenu très majoritairement musulman depuis la conquête turque à la fin du xive s., proclama son autocéphalie en 1923 ; elle fut reconnue par Constantinople en 1937. Après 1945, elle entra dans l’orbite du patriarcat de Moscou ; elle comptait alors environ 220 000 fidèles. Elle a cessé toute existence officielle depuis 1967.


Église orthodoxe de Pologne

Après le rétablissement de l’indépendance polonaise, les quelque 4 millions d’orthodoxes du nouvel État demandèrent à être détachés du patriarcat de Moscou. L’autocéphalie leur fut reconnue par Constantinople en 1924, décision récusée par Moscou. Depuis 1948, une autocéphalie au moins nominale a été enfin reconnue par le patriarcat de Moscou au demi-million d’orthodoxes vivant dans les nouvelles frontières polonaises sous la juridiction du métropolite de Varsovie et des trois évêques suffragants.


Église orthodoxe de Tchécoslovaquie

Elle a été constituée en 1947 sous l’égide du patriarcat de Moscou par l’union de quatre groupements orthodoxes d’origines diverses, certains s’étant détachés de l’Église catholique romaine. L’autocéphalie lui fut reconnue unilatéralement par Moscou en 1951 pour l’archevêché de Prague et trois évêchés suffragants. Le nombre de fidèles est estimé à 200 000.


Église autonome de Finlande

Après l’indépendance du pays, les orthodoxes demandèrent en 1923 à être placés sous la haute juridiction du patriarcat œcuménique de Constantinople. Cette situation a été enfin reconnue par le patriarcat de Moscou en 1957 pour les quelque 80 000 orthodoxes de l’archevêché de Carélie et du diocèse d’Helsinki.


Église orthodoxe du Japon

Elle doit son origine à des missionnaires venus de Russie à partir de 1861 ; elle s’est vu reconnaître l’autonomie par le patriarcat de Moscou en même temps qu’était proclamée l’autocéphalie de l’Église orthodoxe d’Amérique (1970), sous la juridiction de laquelle elle se trouvait antérieurement placée. Elle compte environ 40 000 fidèles.


Autres Églises

En dehors de ces autocéphalies et de ces autonomies reconnues, au moins de facto, d’autres demeurent très contestées. Outre celles de l’Église orthodoxe autocéphale d’Amérique (v. ci-dessus patriarcat de Moscou) et de l’archevêché orthodoxe d’Europe occidentale qui reste provisoirement en situation de vicariat du patriarcat œcuménique (v. ci-dessus patriarcat œcuménique de Constantinople), c’est le cas notamment de l’Église de Macédoine, qui a proclamé son autocéphalie à l’égard du patriarcat de Serbie en juillet 1967, de l’Église orthodoxe de Hongrie, reconnue par le patriarcat de Moscou en décembre 1949, et des Églises ukrainiennes hors frontières des États-Unis, du Canada et de l’Europe occidentale, qui ont proclamé unilatéralement leur autocéphalie. Restent enfin quelques communautés en situation missionnaire, notamment en Corée (prise en charge par l’Église orthodoxe d’Amérique) ou en Chine (sous la responsabilité du patriarcat de Moscou).

L’Église catholique orthodoxe de France, issue d’une dissidence catholique romaine, s’était placée en 1936 sous la juridiction du patriarcat de Moscou. Après avoir changé plusieurs fois d’obédience et être demeurée plusieurs années en dehors de toute juridiction orthodoxe reconnue, cette Église a été constituée en diocèse autonome du patriarcat de Roumanie le 6 mai 1972.

H.-I. D.